Canonisation de Paul VI et de Monseigneur Roméro ce dimanche 14 septembre 2018

Ce dimanche 14 octobre à Rome, le Pape François canonisera le Pape Paul VI qui fut le grand Pape du Concile Vatican II et Mgr Oscar Roméro, archevêque de San Salvador, assassiné à cause de son engagement pour les pauvres et surtout les «sans-terre».

Qui était Monseigneur Romero?

Monseigneur Romero, archevêque de San Salvador, capitale du El Salvador, est assassiné à cause de son opposition à la violence et de son appel à un compromis dans la guerre civile qui déchire le pays. Romero s’était préalablement attiré l’ire des groupes paramilitaires d’extrême droite par son opposition aux arrestations arbitraires.

L’assassinat de Mgr Romero alors qu’il officie la messe, le 24 mars 1980, s’inscrivait dans une politique d’élimination des membres du clergé de gauche perpétrée au « El Salvador » à cette époque. Défenseur de la justice sociale, Romero émergeait alors comme la seule voix non censurée du pays. Sa campagne pour les droits de l’Homme dans la terrible guerre civile qui ravage le « El Salvador » lui a valu une reconnaissance internationale et une nomination pour le prix Nobel de la Paix en 1979.

Mais il fut accusé d’adopter des prises de position qui faisaient le jeu de la guérilla et des communistes.

Cette interprétation de ses positions en faveur des démunis jugées de communistes fut rejetée par Mgr Romero qui dénonçait la violence, peu importe son origine.

Sa nomination comme archevêque de San Salvador avait d’ailleurs été applaudie par les militaires et reçue avec un certain scepticisme par le clergé de gauche. En effet, Romero s’opposait aux réformes du concile Vatican II et aux accords de Medelin en faveur de la théologie de la libération.  Il avait  alors la réputation d’être conservateur.

Ainsi, son engagement pour la justice et les plus démunis a constitué une surprise. Mais ses appels à la non-violence étaient de trop pour les extrémistes de droite, ce qui expliquerait son assassinat.   

La théologie de la libération est ce mouvement du catholicisme latino-américain promouvant la justice sociale.  Il a été au cœur de nombreuses batailles, de discussions et d’interprétations durant plusieurs décennies. 

Aujourd’hui on s’accorde à dire par rapport à l’utilisation de cette théologie (selon le vaticaniste John Allen) que : « Si la théologie de la libération signifie se battre contre la pauvreté et lutter pour la justice, la réponse est oui ; si elle est synonyme de rébellion marxiste et de lutte des classes, c’est non. »

Le processus de béatification et de canonisation de Mgr Romero, qui reste profondément admiré par les San Salvadoriens, a débuté en 1997 et trouvera son apothéose ce dimanche 14 octobre 2018.

Mgr Romero est sans doute le symbole d’une Église socialement engagée que le pape François veut promouvoir. Pour Mgr Gregorio Rosa Chávez, évêque auxiliaire de San Salvador, qui fut un proche collaborateur de Mgr Romero, l’archevêque serait « le symbole du pasteur que François veut, le symbole de l’Église que François veut…une Église de pauvres pour les pauvres ».

« N’oublions pas que nous sommes une Eglise en pèlerinage sujette à l’incompréhension, à la persécution mais certes une Eglise qui chemine en toute sérénité car elle porte la force de l’Amour » . Mgr Oscar Romero – le 14 mars 1977

Qui était Paul VI ?

Élu pape  en juin 1963 pour succéder à Jean XXIII ‎ (qui venait d’ouvrir le concile Vatican II, il donna au Concile et à toute l’Église une impulsion nouvelle. Il donne à l’assemblée quatre priorités qui définissent tout le sens de son pontificat : définir la nature de l’Église et le rôle des évêques, rénover l’Église, favoriser l’unité des chrétiens par l’échange et le pardon, enfin relancer le dialogue avec le monde contemporain.   En Amérique latine, il encourage L’Église à prendre position en faveur des plus pauvres. Son encylique « Populorum progressio » paraît à ce moment.

Dans le domaine interreligieux, Paul VI noue des contacts avec des responsables comme le Dalai Lama et d’autres personnalités du monde bouddhiste et musulman. Dans deux domaines cependant, il garde une ligne intransigeante. Celui du célibat des prêtres et celui de la régulation des naissances avec l’encyclique Humanae vitae (1968).  ll s’est éteint à l’âge de 80 ans, le 6 août 1978.  C’est Jean-Paul II qui lui succèdera.

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